Articles de décembre 2012

Pourquoi j’ai désactivé Adblock Plus

Voilà, j'en franchi le pas : je me suis débarrassé de Adblock Plus (à l'occasion d'une remise à zéro de mon navigateur). Cette extension a pour rôle de bloquer toutes les publicités sur les sites web visités, car ceux-ci sont souvent perçues comme une gêne pour l'utilisateur.

Le modèle gratuit, un vrai casse-tête

Un vrai problème a été mis en lumière par Stéphane Paton sur son blog, avec cet article : Rendez-moi mes pop-up porno, je ne veux pas de votre web gratuit. Avec son ton tranchant habituel, le blogueur dénonce la mentalité en vogue des internautes : ne jamais payer, jamais. On constate facilement cette mentalité avec la volonté absolue de contourner les publicités, alors qu'elles permettent souvent d'éviter d'obliger l'internaute à payer pour accéder à du contenu.

On soulève aussi l'excuse du tracking publicitaire, mais ça ne semble pas vraiment gêner la vie privée : vous n'êtes pas associé à un nom/prénom, mais seulement à un numéro, qui disparaîtra au prochain nettoyage de cookies ou d'IP.

La publicité, le prix du gratuit

Personnellement, je pense que le web basé sur la publicité fonctionne comme un partenariat avec les internautes : le site web fournit du contenu, et en échange, l'internaute lui fait gagner de l'argent grâce à la publicité. Bloquer la publicité, c'est un peu comme casser cet accord.

Après, il faut voir si les sites web abusent de la publicité, dégageant des marges énormes en plaçant 15 pop-ups et 7 bannières publicitaires avec un fond sonore. J'imaginerais bien un fork d'Adblock Plus, mais basée par défaut sur une liste noire, à moins que cela n'existe déjà ?

HTML5 : alors, ça arrive ?

La cinquième monture du langage HTML était attendue depuis beaucoup de temps. Elle introduit de nombreuses innovations majeures, qui améliorent notamment la syntaxe avec les balises sémantiques, qui permettent à l'ordinateur de comprendre et interpréter le code de la page. Le but du HTML5 est aussi de remplacer certaines fonctionnalités pour l'instant uniquement disponibles avec un plugin Flash, comme les vidéos et le support de la webcam (aussi grâce à Javascript).

Cependant, ce langage était jusqu'à maintenant un langage en cours de développement et de standardisation. Les nouvelles fonctionnalités, attributs et balises, faisaient toujours l'objet de changements permanents. De ce fait, les navigateurs ont proposé des fonctions similaires à l'HTML5, mais avec un préfixe, pour marquer la propriété de chaque moteur de navigateur (voilà d'où viennent les "-webkit-" et les "-moz-" !).

Cependant, depuis plusieurs jours, le W3C a passé le HTML5 en "Candidate Recommendation", ce qui verrouille les fonctions et marque presque la fin de la standardisation du projet. Les développeurs sont désormais invités à l'utiliser dans le cadre de leurs projets web ;) .

Google permet de convertir les publicités Flash en HTML5 en un clic

Google Adwords est la plateforme permettant aux webmasters de distribuer leurs publicités sur le réseau de Google Adsense.

On sait désormais que l'ordinateur n'est plus la seule source de connexion au Web. Les tablettes tactiles et smartphones se démocratisent de plus en plus, avec des défis toujours plus importants à relever, notamment avec l'autonomie, et les écrans beaucoup plus petits.

Cependant, ces dispositifs d'accès au Web ne supportent souvent pas le Flash, pour des prétextes divers. Par exemple, Flash est totalement banni des appareils iOS d'Apple, car il pourrait alors rentrer en concurrence avec l'App Store proposé par le géant américain. Or, nous le savons bien, organiser le portage du Flash au HTML5 peut être fastidieux et très coûteux en temps et en infrastructures (développeurs à former, nouveaux outils, etc.).

De ce fait, Google propose désormais depuis son service AdWords de convertir directement les annonces Flash en HTML5 en un clic :

adwords-html5

Pour l'instant, la conversion automatique ne se fait que depuis l'iPad. A quand la conversion automatique pour tous les appareils mobiles, voire les ordinateurs de bureau ?

La presse belge et Google ont trouvé un accord

Après une longue saga judiciaire avec une forte médiatisation, les éditeurs de la presse belge et la firme Google ont trouvé un accord.

Le litige portait principalement sur le fait que les journaux en ligne souhaitaient que Google leur paye une redevance. En effet, Google Actualités se servirait de leurs contenus pour générer du trafic, soit-disant sans aucun avantage pour eux. Les discussions semblaient être au point mort, Google refusant absolument d'indemniser la presse. Mais voilà qu'une fin positive semble enfin possible.

En effet, un accord a été trouvé entre les 2 parties. Voici la teneur de l'accord :

  • Google n'indemnisera pas la presse belge.
  • Google et la presse belge s'associeront pour des projets innovants.
  • Google fera la promotion de ses services par le biais de la presse belge.
  • La presse utilisera les solutions de rémunération de Google, tels que Adsense ou AdExchange.

Cet accord semble manifestement être en faveur de l'entreprise américaine. Grosso modo, en échange de cet accord, la presse belge utilisera les produits de Google et implémentera aussi des fonctions sociales de Google+.

Maintenant, la fin de cet épisode nous dirige vers de nouvelles questions. Le système actuel des journaux en ligne doit-il être réformé ? Le droit d'auteur doit-il être assoupli ?

McAffee rattrapé par les données EXIF

Voilà que se termine la folle cavale de John McAffee, millionnaire fondateur de l'antivirus éponyme.

Rappel des faits : le 10 novembre 2012, Gregory Viant Faull meurt tué par balles, chez lui. Il s'agit du voisin de John McAffee, qui avait été lui-même arrêté en avril 2012 pour trafic de drogues et possession d'armes. La police bélizienne avait toutes les raisons de le suspecter. Cependant, ce dernier s'enfuit au Guatemala. La traque commence...

john-mcaffee

(En plus, vu la photo, sans vouloir le juger, il doit en avoir une bonne dose, là...)

McAffee justifie cette fuite par la peur d'être tué (paraît que le meurtrier de son voisin s'était trompé et voulait en fait le tuer). L'informaticien a aussi tendance, paraît-il, à utiliser continuellement des adresses IP différentes et des pseudonymes tout le temps. Paranoïaque, dites-vous ?

On relève également plusieurs anecdotes racontées par l'individu en question concernant le jeu du chat et de la souris qu'il mène depuis plusieurs jours. Il se serait notamment caché dans du sable et mis un carton sur sa tête plusieurs heures, et s'est fait couper ses cheveux et teint sa barbe.

Mais malgré tous ses efforts, le pionner de l'antivirus sera retrouvé au Guatemala, par une erreur bien grossière. En effet, étant accompagné d'un journaliste, ce dernier a tout simplement oublié d'effacer les données EXIF d'une photo avant de l'envoyer sur le journal en ligne, Vice.com.

Moralité : effacez toutes les données EXIF de vos images avant de les publier, et mieux encore, désactivez la localisation GPS incluse dans les données EXIF pour parer à tout risque ;) .

L’Internet n’est pas libre

radio-resistanceOn essaie de nous faire croire que l'Internet est inattaquable et parfaitement décentralisé. Bref, il serait impossible à censurer. Mais en pratique, c'est tout à fait faux.

Le but premier de l'Internet est la décentralisation, cependant terme est mal compris. A l'époque de la guerre froide, le principal but était de parvenir à acheminer n'importe quelle information, même si des nœuds étaient coupés. Or, le grand-public comprend souvent cela comme la décentralisation de l'information elle-même. La conception de l'Internet est en effet très axée sur le modèle client-serveur : si le serveur supprime l'information ou disparaît, l'information disparaît avec. On peut certes tout de même aboutir à la décentralisation de l'information, mais cela nécessite de passer par des architectures basées sur l'Internet (comme Freenet).

De plus, la décentralisation de l'Internet est reste sujette à caution. L'Internet est basé sur des backbones (points d'échanges d'informations). Ces points d'informations sont stratégiques, et peuvent être facilement contrôlés par les Etats. C'est par exemple le cas du système de pistage Echelon, lancé par les Etats-Unis, qui inspecte les mots-clés passants par ces réseaux centralisés. Le filtrage et la censure passent alors par le contrôle de ces secteurs.

Deuxièmement, le réseau Internet est censée être accessible à tous par son caractère libre et décentralisé. Mais concrètement, que se passe-t-il si votre fournisseur d'accès à Internet vous coupe la connexion : c'est terminé pour vous ! Vous pouvez certes accéder à des cybercafés (sauf si les cartes d'identités sont obligatoires), mais la réalité est bien là : vous pouvez parfaitement être dépossédé d'accès à l'Internet.

Mais que serait concrètement un réseau libre et décentralisé, alors ? On pourrait imaginer un réseau ressemblant à Freenet, mais sans être basé sur un autre réseau comme il l'est actuellement. On imagine donc des alternatives comme Netsukuku. Un tel réseau passerait essentiellement par le sans-fil, moins contrôlable physiquement par les gouvernements. Il serait alors nécessairement plus lent, mais cela n'en vaut-il pas la peine ?

[Image]