Articles de juin 2012

Anontorrent, pour anonymiser l’envoi d’un torrent

Lorsque l'on envoit un torrent, il s'agit du moment le plus critique concernant l'anonymat. En effet, si vous êtes le seul seeder, vous serez rapidement identifié comme étant l'expéditeur du torrent, ce qui pourrait vous attirer des ennuis, selon le contenu du torrent.

Karel Bílek, un étudiant membre du Parti Pirate tchèque, a alors mis au point Anontorrent, un service utilisant Tor lors de l'envoi du torrent. Le but n'est pas de faire transiter tout le P2P via Tor (ce qui rendrait le réseau très lent), mais seulement au début, lorsque le nombre de seeders est faible.

Le principe est relativement simple : lorsque vous faites partie du réseau Tor, vous pouvez accéder à des sites ou services accessibles via un lien se terminant par ".onion". La connexion entre vous et le serveur est alors chiffré et sécurisé. Le serveur de Anontorrent est donc accessible à partir de cette adresse. Il vous suffit d'y uploader votre torrent, et le serveur se chargera de transmettre à d'autres leechers le fichier torrent, jusqu'à qu'il y ait au moins 20 seeders. Après cette limite, le serveur ne partage plus le torrent, mais votre précieux fichier se sera envolé pour de bon ;) ! Et dans toute cette affaire, personne n'a votre IP (même pas le serveur Anontorrent, puisque la connexion passe par Tor !).

Pour ma part, je pense qu'il s'agit d'une bonne solution, mais que la pression devrait s'accentuer sur l'étudiant, vu qu'il n'est pas anonyme. Espérons que le service dure...

Un Galaxy S3 explose, Samsung réagit

Après la saga des iPhones explosifs, il semblerait qu'un problème du même acabit toucherait le Galaxy S3 de la principale boîte concurrente à Apple, Samsung.

Alors qu'un utilisateur irlandais conduisait, ayant placé son Samsung Galaxy S3 sur un support pour GPS, ce dernier aurait émis des étincelles et une flamme blanche, avant de prendre feu. Sur ces photos, on voit que le smartphone semble avoir été brûlé au niveau de la prise de recharge mini-USB :

galaxy-s3-feu-1

galaxy-s3-feu-2

Samsung a immédiatement réagi en proposant un téléphone de rechange à l'utilisateur malchanceux, et a écrit un article sur son blog, promettant d'enquêter sur ce problème (je l'espère bien). Rappelons que pour une série d'incidents plus graves concernant les iPhones ayant la fâcheuse caractéristique d'exploser de manière aléatoire, Apple était resté bien silencieux, ne voulant pas écorner son image de marque, et avait même proposé un marché du silence à une famille. Pour aller plus loin, la firme de Cupertino a carrément accusé l'utilisateur, qui exercerait un pression externe, ce qui aurait conduit à ces explosions.

Selon Numérama, le problème pourrait être dû à la partie métallique du support pour GPS, qui n'était pas agréé par Samsung. Avec le même principe du four à micro-ondes, les ondes émises par l'antenne auraient rebondi sur le métal jusqu'à faire fondre et brûler la partie en plastique.

[ÉDIT] : La cause du problème est bien un micro-onde.

Le tour du monde d’une requête Google en 25 centièmes de seconde

Google vient de sortir une infographie, montrant le voyage d'une recherche Google.

En moyenne, Google reçoit 2,5 milliards de requêtes par jour, qui traversent 2 500 kilomètres, passant par divers centres de données de Google, éparpillés partout dans le monde. L'algorithme de Google est fondé sur environ 200 critères, comme le titre, l'adresse de la page, sa popularité, etc.. Sachant que 16% des recherches sont de nouvelles requêtes, les serveurs doivent y répondre le plus rapidement possible. Le score actuel est donc de : 0,25 secondes ! Voici donc le temps que met une information pour transiter dans le monde entier.

Maintenant, voici l'infographie (cliquez pour agrandir) :

infographie-google

Pour finir, voici une vidéo de l'ingénieur Matt Cuts en train de gribouiller nous expliquant le fonctionnement de Google :

La nouvelle version de Opera 12 arrive !

Voici enfin Opera 12, une release qui était attendue depuis longtemps ! Cette version apporte de nombreux changements, voici une petite vidéo de présentation de la part de l'équipe de développement du navigateur web :

Parmi les nouveautés, Opera propose désormais la fonction "Sandbox" (littéralement "bac à sable"), qui sépare les processus des plugins. Si l'un des plugins plante, ce n'est alors plus tout le navigateur qui est figé, mais simplement le processus ! La sécurité est également améliorée de cette façon, les problèmes de sécurité provenant de l'exploitation de failles de sécurité d'un plugin étant moindres. Adobe Flash est particulièrement ciblé...

La barre d'adresse a un peu évolué et propose de nouvelles fonctions, comme de voir en un clic les vérifications de sécurité d'un site. Il y a également un raccourcisseur d'URL intégré permettant de voir directement le titre de la page ciblée. Les thèmes sont maintenant supportés, après les extensions : 350 sont déjà disponibles sur le catalogue officiel :) !

Avec cette nouvelle version, Opera commence à rattraper son retard vis-à-vis des autres navigateurs, mais n'oublions pas qu'historiquement, il s'agit de l'un des plus vieux toujours actifs et novateurs, comme le montre les travaux menés sur Opera 12 ;) .

Utiliser l’IPv6

Dans ce nouveau tutoriel, je vous expliquerai comme utiliser le nouveau protocole TCP/IP, l'IPv6. Afin de comprendre les enjeux de cette transition, je vous propose un peu d'histoire...

Le contexte

Dans les années 60, des chercheurs universitaires de quelques pays, mais principalement des États-Unis, sont dépêchés par l'État américain pour concevoir un réseau décentralisé, qui pourrait interconnecter tous les ordinateurs d'un réseau, même si l'un d'entre eux devenait hors-service après une attaque militaire. Après quelques années, ils conçoivent l'ARPANET, un réseau qui sera utilisé à des fins militaires et de recherche scientifique.
En 1972, apparaît l'idée de l'Internet, un réseau dérivé de l'ARPANET, destiné à être mis en place à grande échelle.
En 1974, le protocole TCP/IP est mis en place. Ce protocole, ou plutôt, ce groupe de protocole, définit les standards de communication de chaque poste relié au réseau, afin d'uniformiser le système informatique. Il complète le protocole utilisé par l'Arpanet, en introduisant notamment le système de gestion d'erreurs de communication.

La première version stable et mise en place du protocole IP (Internet Protocol) est numérotée IPv4. Ce protocole permettait de connecter tous les ordinateurs présents sur le réseau. Mais on ne se doutait pas du franc succès qu'aurait Internet...

IPv4 code les adresses IP sur 32bits. En clair, 2^32 adresses sont disponibles dans le monde, soit 4 294 967 296. Ce nombre est donc aussi la limite maximale des ordinateurs connectés à l'Internet. C'est peu, me direz-vous. Apparut alors le système NAT. Ce système crée le concept des adresses privées : tous les ordinateurs chez vous sont connectés à un réseau local, lui-même relié au réseau Internet. Les adresses privées commencent le plus souvent par 192.168.*.*, et ne varient pas. Afin de vous proposer une analogie dans le monde réel...

Chez vous, "Papa" désigne votre père. Cependant, lorsqu'il sort de la maison et s'adresse à des inconnus, on l'appelle "Monsieur Durand". Le nom de famille est l'adresse publique de votre réseau (la famille). Mais cela n'empêche pas que quelqu'un soit appelé "Papa" dans un autre foyer, mais cela désigne tout simplement une autre personne ! On peut également appeler "la famille Durand" le réseau privé de la famille, sans distinguer les postes s'y trouvant.

Voici un petit schéma (on voit que l'espace privé est séparé de l'espace public) :

routeur-nat

Le NAT permet alors de réunir des dizaines de postes d'un réseau interne sous le nom d'une seule adresse publique ! Mais alors, pourquoi passer sous l'IPv6 ?

Les enjeux

En 2012, nous sommes 2,27 milliards d'internautes dans le monde. Cela est énorme, et un tel afflux d'utilisateurs n'aurait jamais été imaginé lors de la création de l'ARPANET. Le constat est simple : l'IPv4 devient obsolète. Les protocoles ne conviennent plus à cet usage. Et cela n'est pas prêt de s'arranger : le nombre mondial d'internautes doublerait tous les 5 ans.

Dès les années 90, les chercheurs ont alors commencé à travailler sur un nouveau modèle de protocole IP, l'IPv6. La version 5 était une simple maquette, qui n'a jamais été rendue disponible au grand public. L'IPv6 a pour avantage d'utiliser des adresses codées en 128bits, et non en 32bits. Au lieu de 2^32 adresses IP disponibles, nous en avons 2^128 !

Mais pourquoi un déploiement aussi lent ? La raison : l'IPv6 n'est pas compatible avec l'IPv4. Ce qui fait que pour l'instant, seules quelques grandes entreprises spécialisées dans l'informatique ont entrepris de déployer leurs infrastructures internes sous l'IPv6. Cependant, ce problème est temporairement résolu : on peut encapsuler l'IPv6 dans l'IPv4. Cette passerelle serait ensuite désactivée quand tout le monde passerait sous l'IPv6, ce qui devra se produire tôt ou tard...

Maintenant, nous allons entrer dans le vif du sujet, et voir comment déployer l'IPv6 chez vous ;) .

Déployer et utiliser l'IPv6 (FAI)

Maintenant que vous êtes préparés, on peut découvrir notre sujet en pratique ! Dans ce tutoriel, je me baserai sur mon propre FAI, Free. J'expliquerai la marche à suivre pour GNU/Linux (Fedora) et Windows à la fois :) .

Allons dans le panel de configuration de Free, à cette adresse.Après, dirigez-vous dans l'onglet "Ma Freebox " --> "Passer au protocole IPv6" :

free-panel-menu-ipv6

Maintenant, activez le "Support IPv6" !

free-panel-ipv6

Après, redémarrez votre Freebox en débranchant/rebranchant sa prise d'alimentation, et le tour est joué !

P.S. : Si vous possédez un routeur, vous devriez aussi activer cette fonctionnalité quelque part...

Déployer et utiliser IPv6 (sur les ordinateurs du réseau)

Maintenant, votre Freebox ou autre routeur est apte à faire transiter des paquets IPv6, vous devez normalement paramétrer vos logiciels en conséquence, ainsi que vos systèmes d'exploitation. La majorité des logiciels est déjà adapté à l'IPv6. Pour vérifiez si vous avez vraiment besoin de paramétrer votre système d'exploitation, testez votre connectivité IPv6. Si une erreur se produit...

 Avec Windows

Ouvrez l'invite de commandes, avec le raccourci WINDOWS + R (touches du clavier). Puis tapez :

ipv6 install

Redémarrez, l'IPv6 devrait être chargé sur vos cartes réseaux.

Avec GNU/Linux (Fedora Gnome)

Rendez-vous dans les paramètres du réseau, et cliquez sur "Paramètres". Dans la fenêtre qui s'ouvre, allez dans l'onglet "IPv6", et mettez-le en mode "Automatique" :

gnome-fedora-ipv6

Conclusion

Voilà ! Vous utilisez IPv6 à présent ! Bienvenue dans l'Internet du futur ;) .

Voici de la documentation concernant IPv6, et quelques liens utiles :

TapLogger : un accéléromètre de smartphone permet de piquer votre code PIN !

Un chercheur et un étudiant à l'université de Pennsylvanie, avec l'aide d'un chercheur d'IBM, ont réussi à se servir d'un simple mobile disposant d'un accéléromètre pour obtenir votre code PIN !

Le principe : lorsque vous tapez un code PIN, en appuyant sur une touche à l'écran, votre doigt fait légèrement pencher le téléphone d'un côté. L'accéléromètre ayant justement pour rôle de détecter ces mouvements, avec une petite application développée par leurs soins, ils ont pu identifier avec précision les touches tapées ! Bien entendu, cela ne vaut pas pour le clavier complet, bien trop complexe pour être analysé avec ces simples mouvements.

Voici une petite image résumant le principe :

android-accelerometre-espion

L'application développée s'appelle TapLogger. Elle nécessite un apprentissage, mais le problème est rapidement réglé : comment ? En fait, l'espion se dissimule dans une faux-jeu, faisait interagir le joueur avec l'écran, en lui faisant taper sur des zones pré-définies, par exemple :

taplogger

Cependant, ce genre d'application ne fonctionne ni avec l'iPhone (iOS), ni avec le BlackBerry. En effet, iOS ne permet pas le multi-tâche : avez vous déjà essayé de garder une application ouvert tout en lançant une autre ? De ce fait, TapLogger ne pourrait pas tourner en service de fond. Quand à BlackBerry, ce genre de mobile est protégé de cet espion, car il possède un clavier physique...